Lundi, c’était le retour en classe pour de nombreux enfants du Québec. Une semaine après la Relâche, je peux vous confirmer que c’était tranquille dans la bâtisse. En plus, il y a eu le changement d’heure, ce qui se veut excessivement difficile pour de nombreux enfants. Les yeux étaient petits, ça ne jasait pas beaucoup et le rythme a été pris aux alentours de 10h00 du matin. C’est certain que l’équipe-école ne s’en plaignait pas, tu profites de ce genre de moment pour t’abreuver de ce calme si serein.
De plus, après les tempêtes hivernales qui nous ont laissé des centimètres de neige, on sent que le printemps est en train de vouloir s’installer. C’est plus doux, c’est plus agréable pour le pif et, comme je le disais, avec le changement d’heure, il fait plus clair, plus longtemps! « Le temps est au renouveau », dirait l’optimiste mais comme de raison, il peut y avoir des changements drastiques, inattendus et plutôt, frigorifiques.
Par contre, je vais rester dans cette parcelle de positivisme car, nous en avons grandement besoin. De plus, j’ai fait l’écoute du nouvel album de Tiktaalika, ce qui me permet de rester dans cette sphère de rationalisme. Effectivement, cet album se veut un album, disons « le fun ». Proposition rafraichissante, l’écoute de cet album m’a procuré un certain émerveillement, un certain enthousiasme et un réel plaisir.
Quand je farfouinais dans ma pile de nouveautés, j’ai bien vu ce nom étrange qu’est Tiktaalika. Dénomination particulière, je me demandais si ce quolibet était en relation avec une fusion humoristique entre TikTok et Metallica ou est-ce que c’était une divinité quelconque, comme aztèque ou hindou?
Avec sa pochette très thrash metal, il est évident que cela n’a rien à voir avec un jeu de mots douteux. C’est plutôt que le mot Tiktaalika viendrait de « Tiktaalik » qui se veut un poisson à tête triangulaire de l’ère du Dévonien. Un squelette de Tiktaalik a été découvert en 2004, au Nunavut. Ce mot vient de la langue inuktitut et signifie « grand poisson des eaux basses ». On s’entend que vous en apprenez des choses en lisant ce paragraphe, n’est-ce pas?
Pour revenir à l’appellation de base qu’est Tiktaalika, c’est le projet en parallèle du guitariste de la formation progressive Haken, Charlie Griffiths. Gros fanatique de metal, il avait besoin d’extérioriser sa fibre métallique avec ce projet sur lequel, il joue de la guitare et invite le bassiste de Haken, Conner Green, pour les lignes plus basses et le batteur de Devin Townsend, Darby Todd, pour les impulsions percussives. Question de rendre le tout encore plus métalloïde, il a invité quelques copains à venir proposer leur gorge sur cet album du nom de Gods of Pangaea.
Sur cet album, Griffiths voulait saluer ses influences métalliques comme Metallica, Judas Priest, Megadeth et Mercyful Fate. Effort louable mais on ne sort pas le gars de prog totalement sur cet album qui demeure, tout de même, acrobatique. Comme je le disais, cet album se veut rafraichissant mais je ne suis pas en train de crier au génie car, en toute honnêteté, c’est vers la cinquième pièce de l’album que j’ai commencé à embarquer dans le buzz, quoique la première chanson du disque se voulait parfaite à mes oreilles.

En guise de première bouchée, Tyrannicide se veut vraiment efficace. Riff thrash métallique qui se veut rejoint par des impulsions sur le snare, ça croustille. Ensuite, lorsque la voix embarque dans le mix, on se retrouve vraiment dans un gros morceau de metal bien moelleux. Je ne sais pas qui chante (je n’ai pas triché en allant voir sur Metal Encyclopedia) sur cette pièce, les seuls moments où je peux identifier qui le fait, c’est lorsque c’est Tommy Rogers de Between the Buried and Me qui hurle car je ne connais pas vraiment le grain gorgé de Danïel De Jongh de Textures, Rody Walker de Protest The Hero ou Vladimir Lalić d’Organised Chaos.
Ensuite, la chanson titre fait vraiment Metallica « des années 2000 », surtout en introduction où l’on abuse de la caisse claire et que par la suite, on tombe avec une portion très hard rock qui se verse dans du gros caramel métallique. La structure entière de la chanson se veut un gros salut à la troupe d’Ulrich et Hetfield. Pour continuer, The Forbidden Zone est plus doom dans sa proposition. Dualité dans le grain vocal, on débute en mode pratiquement death pour ensuite, un truc clair mais éraillé. Ce morceau se veut dans des zones visitées souvent par Paradise Lost mais avec un pont musical à la Gojira, vers le dernier tiers.
C’est agréable comme proposition, un salut au metal et au hard rock est offert, tout en parlant de dinosaures, d’ère de la Pangée, la paléontologie et de la zone interdite. J’ai le sourire aux lèvres, je suis en mode écoute totale et avec Mesozoic Mantras, je trouve l’offre musicale plus près de ce que Haken peut produire, justement. N’ayant pas vu le nom sur le communiqué de presse, je crois que le chanteur du groupe, Ross Jennings vient puncher subtilement, sur quelques lignes vocales. Sinon, le « dude » chante pareil!
C’est vraiment avec Fault Lines que j’ai embarqué. C’est thrashé comme morceau, très dynamique et précis. Il y a de petites subtilités étincelantes à la guitare qui éveillent ta curiosité, dans le genre : « Hein, c’était quoi ça? » et la basse est plutôt pompée sur ce morceau. La chanson Give Up the Ghost est un hommage évident à Megadeth. De la puissance des percussions, aux élans à la guitare et le phrasé du chanteur, le tout donne l’impression d’entendre Mustaine et sa bande de musiciens.
Et les chansons demeurent bonnes. Ce n’est pas un cri à l’innovation, c’est plutôt une expérience enivrante, comme lorsque tu écoutes l’album de Probot. Cet album demeure varié, Griffiths touche de nombreuses sphères métalliques avec Gods of Pangea, la preuve étant Lost Continent qui débute avec sa basse qui rappelle Destroy Everything de Hatebreed pour ensuite y aller avec un effet de guitare nu metal. Ça captive, on reste à l’écoute. L’effet métallique arrive par la suite alors que l’explosion aux percussions survient et que la voix de Tommy Rogers s’impose, laissant un effet rageur à cette portion qui deviendra plus moelleuse lors du refrain.
La pièce finale du nom de Chicxulub se veut plus progressive. Instrumentale, elle est dans les mêmes lignes que ce que peut offrir Mastodon, par exemple, si nous continuons dans la sphère comparative. Attaques aux guitares précises mais avec des effets de rondeurs dans le jeu lors des transitions, des effets d’ascension qui se produisent en fusion avec des percussions audacieuses meublent cette finale.
En ce samedi, je viens de terminer de reconnecter tout ce qui est en relation avec le bon fonctionnement de mon poêle BBQ extérieur. Ne me reste plus qu’à me craquer une canette de Guinness, la verser lentement dans un verre et d’y aller avec cet album, tout en laissant le soleil me claquer sur la caboche tandis que je lève mon verre à mon voisin qui lui, continue de pelleter la neige de son banc de neige pour la câlisser dans la rue…
Disponible sur InsideOut Music.
www.deezer.com/us/artist/293557881
Photo: Jake Ten