Je suis allé voter la semaine dernière pour la partielle dans mon beau Terrebonne. Effectivement, avec le retrait de Pierre Fitzgibbon de la vie politique, ma ville adoptive se devait d’avoir un nouveau (ou nouvelle) député. Sachant que la CAQ sentait la soupe chaude, le parti de M.Legault a sorti l’artillerie lourde. Ils ont amené Simon Jolin-Barette, en plus de Lionel Carmant, pour faire du porte-à-porte avec leur candidat Alex Gagné et ça, uniquement dans le quartier où se trouve ma demeure. Pendant ce temps, rien du côté des autres partis. Sachant que le PQ avait le vent dans les voiles, pas besoin d’y aller avec quoi que ce soit d’additionnel.

Par contre, la candidate de Québec-Solidaire a mangé son pain sec en cibole. Personne de son parti, pourtant « solidaire », n’est venu l’appuyer lors du dépouillement des votes. Ouch, c’est cheapette solide ça! Elle a dû faire face à la défaite, toute seule. Et comme défaite, c’en était une puissante. Une débarque de type, nucléaire. Nadia Poirier n’a reçu que 4.55% des voix, ce qui se veut excessivement minime.

Le quolibet Québec Solitaire leur allait à merveille…

Aucune aide, aucun support. Rien de tout ça pour pouvoir aider leur candidate. C’est tout à fait à l’encontre de l’image qui est projetée par les formations qui œuvrent dans le domaine du hardcore, du metalcore et du deathcore. Depuis que je suis en âge de regarder des clips et voir des concerts, j’ai toujours apprécié de voir les groupes hardcore recevoir, sur le côté de la scène, des amis ou les autres groupes de la soirée.

Ils sont là, à bopper de la tête, en guise de solidarité face à la formation qui se démène sur scène. Cet esprit a toujours eu sa place dans cette sous-couche musicale et tous les groupes qui adhèrent à la dénomination « -core » propage cette facette solidaire. En ce moment, l’un des groupes qui tire son épingle du jeu dans le domaine death/metalcore demeure Gates to Hell. Oui, je sais, le nom n’est pas le plus original et musicalement, ça sonne comme de nombreux autres groupes mais, de mon côté, je trouve leur nouvel album très efficace!

Effectivement, cette seconde production (et première pour le label Nuclear Blast) est une bonne petouche sur les babines. Du nom de Death Comes to All, on a droit à 22 minutes d’intensité, sans répit et sans compromis. Après avoir ressenti une certaine satisfaction face à l’album, qui s’écoute bien à deux ou trois reprises de file, je me suis souvenu que j’avais failli déjà voir le groupe en concert, l’année dernière. Première formation lors de la visite de Machine Head et Fear Factory en 2024, j’étais arrivé sur le tard, manquant Gates to Hell de peu.

Intrigué, j’ai fait ce que je fais souvent lorsque je suis curieux face aux prestations de certains groupes : Je vais sur YouTube, je tape le nom du groupe en plus du mot LIVE. Je suis tombé sur une série de chansons de Gates to Hell enregistrées par la chaine [hate5six] qui offre une qualité hors pair, une sonorité intéressante en plus d’avoir de nombreuses caméras. J’y ai vu ce à quoi je m’attendais, ce qui se résume à des gars dans le pit qui chassent des abeilles invisibles, des musiciens qui ont l’air de travailler dans un skateshop, une microbrasserie ou dans un magasin de cartes de Magic The Gathering. Et comme de raison, des partenaires solidaires sur le côté de la scène. Ceci m’a confirmé ce que je pensais de cette formation de death metal/metalcore de Louisville, au Kentucky.

Cet album débute avec Rise Again et c’est punitif, dès les premières mesures. Les coups sur la caisse-claire sonnent comme des coups de fusil, la guitare est affutée et la voix se veut caverneuse mais grogneuse. C’est rythmé, des harmoniques tordus et, comme de raison, des cassures de cadence! De bons vieux breakdowns, typiques au genre -core. Oui, ça demeure un cliché, mais avec Gates to Hell, c’est fait avec lourdeur et agression.

Avec la suite de l’album, je comprends que ce sera la ligne de conduite car avec A Summoning et Weeping in Pain, on reste dans les mêmes plates-bandes. Par contre, la virulence de Next to Bleed rapproche le groupe du grindcore d’un Napalm Death, mais la cassure du rythme lors du dernier tiers nous replonge Gates to Hell dans son style de prédilection.

Le morceau Sacrifical Deed est le plus poisseux du lot. C’est plus lourdaud face au reste, surtout avec la roulade à la basse que l’on entend vers le milieu du chrono. Par contre, c’est impétueux avec la pièce titre et Crazed Killer se veut, comme l’annonce son titre, plutôt déjantée avec sa rythmique sur la cymbale en ouverture pour y aller avec déconstruction avec une guitare tordue, du raclage de gorge et une cadence de Cro-Magnon.             

Cet album se termine avec Locked Out et Fused With the Soil, confirmant la fluidité de cet album. La ligne était claire, la ligne a été respectée. En moins de temps qu’un épisode de STAT, ce groupe du Kentucky réussit, avec discordance et brutalité, à atteindre le but de l’anéantissement sonore mais toujours dans une zone bien encadrée.

Ce qui a été annoncé a été rendu et c’est puissant comme exécution. Gates to Hell demeure solidaire face au genre et reste une formation qui n’amène rien de nouveau pour le death metal hautement metalcorisé, mais continue d’envenimer les troupes.

Et c’est pas mal ça l’objectif dans cette sphère musicale : on se tient ensemble, on fonce ensemble mais dans le respect de chacun! C’est ce qui est proposé avec Death Comes to All, une solidarité incommensurable.

Prenez note, Québec Solidaire car il y a toujours des leçons à tirer face à la musique!        

Disponible sur Nuclear Blast Records.

www.facebook.com/gatestohell502/