Je vais voir des nombreux spectacles et ce, depuis des années. J’ai souvent amené mes enfants lors des festivals comme Heavy Montréal ou Osheaga et avant la pandémie, mon fils commençait à me demander de venir voir des spectacles, pratiquement à chaque fois que j’y allais. Quand c’était dans des bars comme les Foufounes, il était facile de dire que ce n’était pas possible. Par contre, dans les salles grand public, je me devais de le faire et de l’amener. Lorsque la vie a repris son élan et que les concerts ont repris, son désir de venir rocker était toujours présent.

Maintenant âgé de 15 ans et baraqué comme un gars de football, plus besoin de rester dans les estrades comme jadis. Je dois maintenant le suivre vers le devant de la scène. Lorsque mon fils n’est pas présent, parfois il a du football ou un examen le lendemain, certaines personnes me demandent : « Aie, y’est où Renaud? Y vient pas?  Comment ça? » et par après, ils me demandent comment ça va… On s’intéresse à ma progéniture avant tout et nombreux sont ceux qui me disent comment je suis chanceux.

Chanceux? De quoi? De pouvoir participer à des événements métalloïdes avec mon fils. Bien souvent, mes amis et autres connaissances qui ont des enfants n’ont pas ce genre d’opportunités. Ils me disent que leurs enfants préfèrent le rap français ou le hip hop en général. De pouvoir vivre le tout avec mon garçon, c’est quelque chose qui se veut précieux. De partager cette passion métallique avec lui, c’est magistral!

Imaginez lorsqu’un père de famille peut partager cette même passion mais qu’en extra, il peut même monter une formation death métallique avec son propre fils. C’est ce qui arrive à Dave Jobin, musicien du Saguenay, qui propose son nouveau projet qu’est Acetone, avec son fils Vladimir. Père au chant et fils aux cordes, il ne restait plus qu’à trouver un tapocheur pour manier les mailloches pour heurter les tambours. Le père et le fils ont trouvé en Michel Gagné Bouchard (qui varge aussi avec Necronomicon) la personne idéale pour annihiler les peaux et cymbales dans cette proposition death métallique de la vieille école.

Teintée par le fioume de l’Alcan et le kwik-kwik du fromage Boivin, la musique d’Acetone est saligaude. Rien n’est poli au niveau de la production, c’est cru et aussi sale qu’un verre d’eau puisée directement de la Rivière aux Rats. Si les racines du genre vous plaisent, avec des formations comme Cannibal Corpse, Deicide ou Monstrosity, ce mini album qu’est Left to Rot risque d’être dans votre palette de couleurs, bien cramoisies.


Même si Dave Jobin grouille un peu plus dans le black metal avec ses projets que sont Triskèle et Nord, ceci ne l’empêche aucunement de proposer du metal morbide qui demeure bien adipeux avec Acetone. Dès les premières notes de Mind Trap, on ressent un effet pratiquement tribal. C’est pataud, lourd et pratiquement Cro-Magnon dans la facture sonore. Les coups de semonce sur les toms se veulent poisseux et la voix gutturale confirme l’allégeance au genre. On gagne en vitesse vers le quart de ce morceau mais on ne perd rien en ce qui concerne le côté oléagineux.

Visceral Putrefaction se veut plus pimpante avec une accélération au niveau de la rythmique. La guitare en avant-plan déstabilise pour te propulser directement dans un barrage de percussions et la voix grogneuse se veut toujours aussi punitive. Ensuite, Fade se veut le morceau plus traditionnel sur Left to Rot. Plus cadencé, moins impulsif, il permet à l’auditeur de prendre deux pas de recul. Par contre, l’effet punitif d’Internal Bleeding se veut immédiat.

Morceau instrumental et non pas une reprise d’Obituary, c’est très dynamique comme proposition et, ça change le buzz face au reste de l’enregistrement. En guise de dernière tapoche, Brain Breath, pièce qui se veut massive et excessivement oppressante. Bien rythmée, on apprécie sa cadence bien carrée et joufflue, ce qui lui donne un effet plutôt bombant, surtout avec son riff principal qui se veut aussi colossal qu’un tarif de Donald

Comme première carte de visite, c’est plutôt efficace. Les 5 morceaux se veulent charnus, opulents et juste assez imposants pour nous mettre en attente face à un album complet d’un death metal antique, mais toujours pertinent.

De voir que le tout soit porté par un père et son fils rend le tout encore plus intéressant, laissant espoir à tous les papas métalleux qui regardent leur progéniture danser sur Baby Shark en Pull-Ups, qu’il y a de l’espoir au bout de ce long chemin boueux…

Disponible sur Bandcamp.

https://acetonedeathmetal.bandcamp.com